Let's dance!

Allez tout le monde en pirogue, je vous emmène danser le doundoun danse ! Et ça se passe du côté de la Guinée-Conakry.

 

Quèsaco ?

 

Si je vous dis Fodéba Keïta, cela vous parle ? A certains peut-être…à d’autres, dont je faisais encore partie il y a peu, absolument pas n’est-ce pas ? Eh bien sachez que ce Monsieur, écrivain, dramaturge et homme politique à lui tout seul, est à l’origine des Ballets africains, compagnie de danse et de percussions de Guinée Conakry créée en 1950 à Paris.

 

Retenez bien le nom de ce Monsieur car c’est grâce aux Ballets africains que débute la diffusion internationale de la culture guinéenne. Dans cette troupe, on retrouve tout ce que la Guinée compte en artistes, danseurs, musiciens, percussionnistes, venus de tout le territoire. Les danseurs sont accompagnés de musiciens jouant d’instruments tels que la flûte mandingue, la kora, le balafon ou encore un instrument du fameux nom de doundoun…

 

Vous avez dit Guinée-Conakry ?

 

Pays de Sékou Touré : ça c’est pour l’indépendance obtenu en 1958. Mais bien avant lui, il y a eu il ya eu Samory Touré, grand guerrier mandingue qui s’oppose à l’avancée des troupes françaises pendant près de 10 ans avant d’être vaincu en 1898 : ça c’est pour l’époque précoloniale. Et puis viennent les temps moderne : Alpha Condé, Président en exercice depuis 2010.

 

 

A savoir 

 

L’Empire du Mali fondé par Soundiata Keïta au XIIIème siècle et qui perdura jusqu’au début du XVIème   siècle, s’étendait du Sahara à l’océan Atlantique soit sur les pays actuels : Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée-Bissau, Guinée-Conakry, Mali, Mauritanie et Sénégal.

 

 

Revenons à nos moutons

 

Les Baga, après avoir été contraints à l’immigration du fait de vagues d’arrivées successives des Peuls, quittent leur région d’origine du Fouta Djallon pour trouver refuge notamment en Basse-Guinée. Chez les Baga, la femme possède un rôle décisionnaire important, mais avant d’occuper pleinement sa place dans la société, elle doit se prêter au rituel initiatique de passage à l’âge adulte. C’est au cours de cette cérémonie que les jeunes filles dansaient au rythme du doudoun qu’elles tapaient elles-mêmes ; ce doudoun  était d’ailleurs sculptée dans du bois à l’effigie de la femme.

 

Ainsi est né le doundoun danse, démocratisé ensuite grâce aux Ballets africains. Plusieurs rythmes accompagnent la: le koukou, le yolé, mais traditionnellement il se danse sur le rythme tiriba. Le tiriba chez les Baga se joue pour célébrer la fin de l’initiation de la jeune fille lorsque cette dernière est devenue femme au même titre que sa mère et toutes deux dansent ensemble. Aujourd’hui, le doudoun danse se pratique autant par les hommes que par les femmes.

 

J’ai rencontré l’artiste et danseuse Fanta Dembélé au cours d’un stage de danse africaine à Nantes. Elle y avait invité son ami Sékouba Condé à faire découvrir le doundoun danse moderne ; et au passage m’a autorisé à voler quelques instants  magiques…

 

Sauf que je n’ai mal géré pour les vidéos alors je me rattrape en vous proposant ici en image une autre performance de doundoun danse par Sékouba Condé.

 

Lumière sur … Fanta Dembélé

  

 

Née au Burkina Faso, Fanta est issue d’une grande famille de griots. Autant dire que la musique, la danse et le chant c’est une histoire de famille à prendre très au sérieux ! Très vite, Fanta suit ses frères aînés dans les Mouvements dansants où elle se fait un nom en remportant de prestigieux concours de danse. Extrêmement douée, elle apprend facilement les danses des autres régions du Mandingue dont celles de Côte d’Ivoire et de Guinée.

 

Le tournant décisif de sa carrière, c’est la compagnie Yelemba d’Abidjan qui va le lui offrir. Elle enchaîne des tournées partout en France et avec la troupe et apprend le métier de professeur de danse. Dès lors, Fanta donne des cours de danses traditionnelles du Mandingue en semaine, tout en continuant les tournées en France et ailleurs, parfois accompagnée de son jeune fils.

 

Sa rencontre avec Sékouba Condé a lieu à Paris, tous deux évolueront pendant 7 ans dans une troupe guinéenne, Fanta à la danse et Sékouba à la percussion. Leur amitié est solide, l’un et l’autre se donne le change dans leurs projets respectifs. Mais s’il y a bien un projet que Fanta affectionne, hormis celui de danser jusqu’à la fin de sa vie, celui de créer un centre pédagogique au Burkina Faso autour de la danse, la culture et de l’accès à l’éducation.

 

« Je n’ai pas choisi la danse, c’est elle qui m’a choisie. C’est un métier difficile mais si tu as la passion, tu vas continuer. Il ne faut jamais se décourager » – Fanta Dembélé

 

Un grand MERCI à Fanta et Sékouba; et quant à nous, rendez-vous prochainement …

  • Retrouvez Fanta Démbélé sur Facebook: Fanta Dembele
  • Retrouvez Sékouba Condé sur Facebook: Sekouba Dembele
  • Retrouvez l’association Makötö Dembaya sur Facebook: Makötö Dembaya

Laisser un commentaire